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PASCAL PACALY - ECRIVAIN/POETE

Posté le 26/11/2010 par julien

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PASCAL PACALY - ECRIVAIN/POETE
Après Rock Stories 1&2, tu offres une parenthèse avec Cadavre Exquis, recueil de poèmes accompagnés d'oeuvres de nombreux artistes. Contes modernes ou regard sur la société, parle-nous un peu de ce projet, qu'est-ce que le public trouvera dans ce nouvel ouvrage ?
Eh bien c’est tout d’abord une folle envie de mêler divers styles d’arts. On y trouve de la peinture, de la photographie, du graphisme et de la poésie. J’ai eu la joie et l’honneur d’écrire les poèmes qui sont donc illustrés par des artistes venus de continents et pays différents. C’est, à mon sens, vraiment important aujourd’hui dans une société aseptisée telle que la nôtre. Paradoxalement, alors que les moyens de se connaître (Internet, satellites, médias) n’ont jamais été aussi puissants et nombreux, on se rend compte que, finalement, les incompréhensions n’ont jamais été aussi béantes. On nous abreuve de clichés, d’images dont bien souvent le seul but est le sensationnel, l’audimat. On ne creuse plus, on reste désespérément à la surface des choses. Les gens se contentent souvent de ce qu’on leur donne sans même vérifier. Mais les temps semblent néanmoins changer. Les jeunes sont beaucoup plus éveillés qu’avant. Les désillusions des parents ne seront pas les chimères de la jeunesse d’aujourd’hui. Du moins je l’espère. « Cadavres Exquis » part donc de ce constat, d’une réalité parfois un peu trop triste à supporter. Chaque artiste donne ainsi sa vision d’un moment, d’un temps donné. Il y a des artistes américains, allemands, italiens, belges, taïwanais et français. Cela donne une couleur, une diversité des regards qui, je pense, est assez intéressante, non seulement pour les amateurs d’arts mais aussi pour ceux qui n’ont pas l’habitude de verser là-dedans. Cela peut leur donner une première approche assez sympa.

A côté de cela, on trouve beaucoup de rêve dans ce livre. Du rêve, des références à des artistes, à mes héros comme Salinger, Burton, Lewis Carroll, Tod Browning, bref, à la littérature et au cinéma, deux autres arts qui permettent cette fois de s’évader, quand la réalité est disons…. trop déprimante. On a donc ces deux thèmes principaux : la réalité et le rêve.

- Peux-tu nous parler d'un de tes poèmes : Freaks ?
« Freaks » est un poème tiré du film du même nom de Tod Browing. C’est un vieux film de 1932 qui parle de la vie d’un cirque et de ses « freaks ». La plupart des acteurs sont ce qu’on appelle donc des « Freaks ». On y voit là tout le cynisme des personnes qui se disent « normales » à face à des gens différents. C’est ce que j’ai essayé de  transmettre dans ce texte : que l’on vit hélas dans un monde où la superficialité a (toujours ?) pris le pas sur l’essentiel : à savoir que nous sommes tous issus du même moule et pourtant nous continuons notre dérive qui semble hélas sans fin. Le plus beau, ou le plus tragique –je ne sais pas en fait- dans ce film c’est que tous ces «  freaks » finissent par se révolter, et, ensemble, s’en vont lutter contre le « mal » incarné par deux employés/artistes du cirque « normaux ». On voit donc bien ici qu’au lieu de se serrer les coudes, qu’au lieu de s’accepter les uns les autres, on en arrive à des affrontements, qui, si on avait le courage de s’ouvrir aux autres, n’auraient jamais lieu. Mais on préfère se rejeter, car c’est bien connu, hélas, ce qui est différent fait peur.


 

- Comment définirais-tu ton style personnel ? Ecriture saccadée automatique, ou riff verbal teinté de rock ?

J’ai envie de dire écriture saccadée automatique teintée de rock… mais…comment dire… à la limite on s’en fiche. Et même pas à la limite en fait. Ce qui compte ce n’est pas comment tu écris, mais CE QUE tu écris. Tu peux avoir la plus belle écriture du monde et raconter les pires niaiseries…ça fera quoi ? Que dalle. C’est pour cela que je crois, j’espère du moins, essayer de raconter des trucs pas trop cons, de transmettre des messages, voire, soyons fou, des idées, des bouts de nous, des morceaux d’humanité qui auraient un sens, qui pourraient s’échanger. Après tout, nous ne sommes que des poussières sur terre. Notre passage est si court. C’est un souffle, qui a peine sorti de la bouche de la nature s’évapore presque aussitôt dans les airs. Essayons de rendre tout ça un peu plus intense avant le rideau final. Je ne pense pas que nous vivions en vain. L’harmonie restera peut-être une belle utopie, mais ce n’est pas une raison pour baisser les bras.

- Quel est ton rapport au rock ? Se dissocie-t-il de ton rapport à l'art ?
Oui et non. Le rock est l’une des branches de l’arbre Art. Mais chaque branche a sa propre vie. Le rock et l’Art sont malgré tout, du moins à mon sens, intimement liés. Je veux dire par là que ce sont des exutoires, des bulles de rêves coincées entre deux mondes : la réalité et le rêve. Pas complètement ancrés dans le rêve mais assez cependant pour s’imaginer en rock star soulevant les foules. Le rock possède, comme toute musique, cette magie qui donne ce soupçon d’énergie aux piles des robots que nous sommes devenus. D’ailleurs, la musique est parmi nous depuis la nuit des temps. C’est donc un besoin vital qui peut être tant solo que collectif. Et c’est cela qui rend la chose vraiment magique : car elle a arrive à transcender les clivages pour nous rendre au final disons… un peu plus humain ? Le rock est ainsi une branche d’une autre branche. Mais c’est cela qui est génial, la différence. Chacun puise ce dont il a envie, et le partage ou le vit seul. Mais chaque message, chaque chanson, parole, rythme touche quelqu’un. Par les mots ou par la danse, on arrive à trouver un exutoire, un réconfort. Perso, le rock j’y suis venu avec des groupes comme Pulp ou Suede. C’est une drogue. Je crois qu’une fois qu’on a goûté on ne peut plus s’en passer. Et puis la réalité de cette société est tellement déprimante que ça fait vraiment du bien de pouvoir débrancher un peu, non ?


- Dans cette société actuelle du "chacun sa gueule", envie de toucher deux mots au sujet de cette volonté de monter des collab artistiques ?
C’est un désir de partager, de découvrir. J’aime les autres arts que le mien. Et puis quel plaisir d’échanger des idées, des passions, des travaux. Ou juste de rire, de boire un coup ensemble. C’est pour cela que l’Art est important, car il rapproche les gens. Que tu fasses une toile, lorsque tu l’exposes, elle va toucher des milliers de personnes. Par n’importe quel bout qu’on le prenne, l’Art est un vecteur de partage, de transmission, de message, bref d’humanité. C’est pour cela que j’aime aller vers les autres. Pour essayer d’apprendre, de comprendre encore et encore. Car on vit dans une société tellement speedée et noyée sous les déchets médiatiques qui n’en veulent qu’à leur audience ou nombre de ventes, qu’on en travestit parfois une vérité sur l’autel du commerce. Ainsi, plus on apprend, plus on comprend. Et plus on comprend, plus on est à-même de faire le tri de ce que l’on nous propose.

- Des projets actuels sur lesquels tu bosses, à venir ?
Le théâtre. J’aimerais beaucoup arriver à faire quelque chose dedans. J’y travaille même si ce n’est pas évident. Sinon au printemps 2011 va sortir un recueil de nouvelles sur disons… les fans, même si je n’aime pas ce mot à connotation négative-hystérique. On va donc rencontrer des particuliers, des sosies, des journalistes et on va essayer de comprendre leur rapport avec leurs idoles. On va voyager avec des gens qui sont prêts à faire le tour du monde pour rencontrer telle ou telle star, ou bien qui sont prêt à rester des semaines sous une tente devant la salle de concert, attendant l’ouverture de cette dernière. On entrera dans les coulisses d’un show de sosie, on tentera de voir comment on vit cette aventure d’être le reflet d’une personnalité publique. Enfin, on entrera dans l’intimité de journalistes rock qui nous feront découvrir leur univers personnel et professionnel. Les idoles, qui sont le fil conducteur du recueil seront parmi les plus grandes des siècles passés et présents Pêle-mêle, il y aura David Bowie, Les Clash, Prince, Michael Jackson, Nirvana, Indochine, Joy Division, Marilyn Manson, les Stones, Depêche Mode, Métallica, The Cure etc etc. L’aspect n’est pas seulement commercial. Il consiste également à aller au-delà des clichés, à partager différentes cultures musicales et rock pour voir que, finalement, chaque personne, chaque groupe ou artiste n’est pas si différent que cela de son prochain…
Stephane Roy


Site : les cadavres exquis
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Auteur : Pascal Pacaly