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SIRE CEDRIC

Posté le 24/06/2011 par julien

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SIRE CEDRIC
C’est au salon du livre de paris à la porte de Versailles que je retrouve Sire Cédric, écrivain de nouvelles et de romans fantastiques depuis 5 ans, durant sa séance de dédicaces.
Après 4h30 sans pouvoir s’arrêter il m’accorde quelques instants et accepte, malgré une fatigue certaine, mais avec humour et bonne humeur, de me parler de son univers, tantôt trash, tantôt policier mais toujours rempli de poésie.


Merci de me donner un peu de ton temps après cette longue séance de dédicace. Pour commencer parles nous un peu de toi et de ton parcours. Qu’est ce qui t’as mené vers l’écriture et qu’elles sont tes sources d’inspirations ?

Avant d’être écrivain, je suis d’abord un lecteur. J’ai commencé à lire très tôt et à dévorer des romans d’aventures comme « Bob Morane ». Et, à l’adolescence, j’ai découvert l‘univers de l’heroic fantasy avec « le seigneurs de anneaux » de Tolkien et le fantastique avec Stephen King et Clive Barker. C’est à partir de ce moment-là que j’ai commencé à écrire régulièrement en commençant par des histoires d’elfes et de dragons, très influencé par Tolkien, et puis à passer dans un registre plus fantastique, de plus en plus sanglant au fur et à mesure que je grandissais. C’est cet amour des histoires, des sensations diverses qu’offre la littérature et le divertissement qu’elle apporte qui m’a amené à écrire. Je suis aussi très influencé par le rythme de certaines musiques comme le Métal ou le Rock’n’Roll mais aussi par la musique classique ou simplement des bruits naturels comme des chants d’oiseaux par exemple.

Ton 6éme livre, intitulé « Le jeu de l’ombre », est sorti le 17 mars dernier, peux tu nous conter l’histoire en quelques mots ?
« Le jeu de l’ombre » est, en fait, deux histoire en une. La première est celle de Malko Swann , un compositeur au sommet de sa carrière et qui a tout pour lui. Après un concert, il a un accident de voiture dont il sort indemne. Mais de manière totalement inexplicable il perd la faculté d’entendre la musique. Cet événement sera un peu sa descente aux enfers car il va se retrouver harcelé par une ombre qui va faire couler le sang autour de lui. En parallèle à cette histoire le commandant de police Alexandre Vauvert découvre des corps de jeunes femmes mutilées et enveloppés dans du film plastique. Il va se lancer à la recherche du meurtrier

On sent dans chacun de tes livres une grande influence de la musique Métal.
Quelle part a-t elle dans ta vie ?

Pour moi le Métal c’est un plaisir. C’est une forme d’expression assez intense et vivante, une forme d’énergie qui se renouvelle sans cesse jusqu'à devenir une bombe qui ne finit jamais d’exploser. J’adore ça dans toutes les formes d’art en fin de compte

Un Metalleux chez les littéraires ça passe bien ou pas ?
Je ne me suis jamais posé la question en fait. Je ne fais pas vraiment attention à ce genre de truc. Mais tu sais, ma génération a grandi avec la culture Rock’N’Roll. Ce n’est plus comme dans les années 80  où le Rock et le Heavy Metal  étaient vraiment à part. J’ai vraiment l’impression qu’aujourd’hui c’est totalement passé dans les mœurs.

Tu as un groupe qui s’appelle « Angelizer » dans lequel tu chantes.
En tant que musicien, as-tu déjà eu peur de ne plus pouvoir entendre la musique ?

C’est la hantise de tous musiciens et c’est pour ça que j’ai utilisé cette idée. Je trouvais l’image assez frappante et originale. Je me suis donc plongé dans la peau de mon personnage en me disant « Voilà, et si je perdais la faculté d’entendre la musique » En faisant ça j’ai pu créer le personnage de Malko Swann pour qui la musique est en fait toute sa vie, tout ce qui était important pour lui. Et à cause, ou grâce, à son accident, il se rend compte qu’il est complètement passé à côté des choses essentielles en se réfugiant dans des relations sexuelles sans lendemain et dans ce besoin typiquement masculin de se prouver des choses idiotes.

Tu as commencé par écrire des nouvelles. C’est difficile de passer d’un format court
à un format long ? Ou est ce l’inverse ?

Je ne vois pas vraiment la différence entre écrire une nouvelle et un roman. Pour moi c’est la même façon de travailler. C’est-à-dire trouver une image assez frappante, quelque chose d’un peu étrange mais avec un signification précise, quelque chose que j’ai envie de faire passer, notamment une émotion vu que je ne suis pas un auteur dit « sérieux » (rires). Au départ la nouvelle  était un format très pratique pour moi. Je pouvais  écrire, imprimer et la donner à mes amis. J’avais une réaction immédiate de leur part ce que je n’aurais pas pus avoir avec un récit plus long. Mais je trouve qu’il est plus difficile d’écrire beaucoup de nouvelles plutôt qu’un roman. Avec le roman, tu as juste à avoir une idée forte et à broder autour. Alors que la nouvelle tu dois constamment avoir une idée différente et être parfait du début à la fin.

Tu a reçu plusieurs prix pour trois de livres : le prix Merlin en 2007 pour « Angemort »,
le prix Masterton en 2010 pour « l’Enfant des Cimetières » et le prix polar 2010 de Cognac pour « De Fièvre et de Sang ». Est ce que ça a changé quelques choses pour toi ?

Ça n’a rien changé. J’écris pour les autres avant tout. Mon but principal c’est de réussir à apporter une part d’évasion à mes lecteurs, leur faire oublier quelques instants leur journée de travail, leur vie quotidienne qui n’est pas toujours géniale, en leur offrant de la peur, de l’angoisse pour le personnage, du rêve, du dépaysement aussi. Et savoir que certains jurys aiment ce que je fais c’est que bonheur.

Quel livre déjà existant tu aurais voulu écrire ?
Sans hésitation « Le Royaume Des Devins » de Clive Barker

Je trouve tes livres très visuels. Est ce qu’on t’a déjà proposé une adaptation cinématographique ? Est ce que tu aimerais voir l’une de tes œuvres portée à l’écran ?
On ne m’a jamais proposé. Mais ça serait assez fascinant de voir quelque chose sorti de ma tête, adapté et interpréter par un autre artiste et que mon travail puisse nourrir sa création. Ce n’est pas d’actualité pour les mois à venir. Mais qui sait peut-être que ça se fera.
Guillaume.