Quelles sont tes inspirations?
Mes inspirations sont très variées !
Ayant d’abord étudié et débuté dans un milieu plus axé « art contemporain » mais ayant toujours été passionné par l’art alternatif, j’ai eu l’immense chance d’avoir rencontré des artistes talentueux, renommés ou non avec des univers créatifs admirables.
S’il ne fallait citer que quelques noms : Gregory Crewdson, David Lynch, Tim Burton en passant par Nietzsche ou encore Chuck Palahniuk.
La théorie de « L’inquiétante étrangeté » Freudienne m’inspire également ainsi que certains artistes surréalistes comme Lewis Carroll, LaChapelle, Olaf Sigismondi, Saudek et bien d’autres!
Tes photos sont souvent un mélange de conte de fée dans un univers sombre, qu'est ce que tu cherches à exprimer au travers de ton travail?
Lorsque j’ai commencé les vidéo performances, je traitais de l’Homme, de ses déviances, de sa décadence, de sa folie, de sa déshumanisation, la problématique de l’identité et du comportement, etc…
Peu à peu, j’ai commencé à vouloir créer des histoires dans lesquelles des personnages évoluent à travers des univers plus ou moins élaborés, mais avec toujours la volonté de laisser ces histoires suffisamment ouvertes pour que chaque regard puisse se faire sa propre interprétation.
Je tiens surtout à créer une ambiance qui pour moi, est la combinaison de la relation entre le personnage et l’univers dans lequel il évolue. Bien évidemment j’y inclue mes propres réflexions, ma manière de voir les choses, mon ressenti, mais une fois de plus, je tiens absolument à une liberté de l’imagination dans le regard de chaque personne qui me fera l’honneur de regarder mes travaux.
J’ai lu récemment une interview de David Lynch, et je le rejoins totalement lorsqu’il dit que donner la définition de telle ou telle œuvre, provoque instantanément sa mort.
A mon avis, celles-ci doivent rester indépendantes. Chacune de mes photos a sa propre existence, ses propres questions, thèmes, peu importe. Elles vivent et ne m’appartiennent plus au final. Elles possèdent chacune leur propre autonomie, mais au final, « le tout est bien plus grand que la somme des parties ».
Comment trouves-tu tes décors?
Les décors sont pour l’instant fabriqués de manière totalement artisanale. Les gens semblent surpris lorsque je leur dis que tout est un peu fait « à l’arrache ».
Des matériaux récupérés dans la rue, du papier maché, des bombes de tag et quelques intensives heures de bricolage !
J’aime passer du temps à concevoir des décors si possible originaux mais qui vont surtout me permettre de contribuer à l’émergence d’une ambiance que je souhaite atteindre.
Comme mon ami photographe David Enam, j’ai plus le sentiment d’être un artisan qu’un photographe au final.
Qu'est ce que le corps féminin t'inspires pour vouloir le mettre en scène?
Je ne pense pas faire preuve d'originalité en disant tout simplement que je suis un amoureux de la femme en général, de sa beauté, son charme, ses courbes.
Cependant, dans le cadre de mes photos, la beauté n'est pas le motif premier de ma recherche. Ce qui m'intéresse est cette petite chose qui te tape dans l'oeil, ce petit truc qui fait la différence et sur lequel il est bien difficile de trouver un mot juste.
Je ne cherche pas à travailler dans la continuité des canons de la mode. J'opte d'avantage pour la prestance, le charme et surtout pour l'expressivité ! Un peu comme si je cherchais des actrices qui devront interpréter avec le plus de justesse possible les rôles que je leur confie, les personnages que je crée.
Bien évidemment, j'ai conscience qu'au jour d'aujourd'hui, certaines "identités" se distinguent dans mes créations par leurs récurences, comme la femme-enfant, la poupée désarticulée, la fille thrashy Rock'n'roll, la femme fatale...
Pour l'instant, j'en suis encore à mes débuts, les choses commencent à bien se mettre en place et une structure solide fait peu à peu son apparition. Je sais où j'en suis et où je veux aller. Concernant les modèles, je souhaite et beaucoup de mes futurs projets me l'imposent également, me diversifier au maximum.
Expo NRV-TV
SITE: Stephane Roy