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WHAT MAD UNIVERSE

Posté le 16/04/2011 par julien

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WHAT MAD UNIVERSE
Né en mars 2008, le duo albigeois de Post Rock Metal  What Mad Universe, composé de RK et Pep, nous livre ici leur troisième opus instrumental, A Cosmic Chapter With Gaia,
sortant moins d’un an après leur très bon EP Aldebaran.

Cette entité, “influencée par l’astronomie et la mythologie”, tire son nom du livre de Fredric Brown sorti en 1949, What Mad Universe.
Sur ce nouveau skeud, doté de 9 titres pour une durée d’environ 52 minutes, WMU utilise les grands moyens et nous livre un album fort bien produit.

L’intro From alpha ursae minoris (part.1)  nous offre quelques notes éparses, reposantes, somme toute assez classique pour ce style.
Sur And the sun's still silent, ça envoie la purée avec un mid tempo bien lourd accompagné d’une énorme rythmique, très différent de ce qu’ils avaient pu proposé sur Aldebaran, beaucoup plus post rock et progressif dans l’approche.
On y retrouve même des sonorités orientales évoquant l’univers d’un Melechesh
( “Ladders To Sumeria” album Emissaries ) laissant l’espace nécessaire pour nous noyer dans des nappes de claviers spatiales du plus bel effet. S’ensuit un interlude à deux guitares, pour revenir sur des variations du riff initial.



 

Avec Eris in the sky, plus encore que sur le précédent morceau, on assiste à un véritable choc des cultures un poil déstabilisant.

Entre métal, claviers post rock et les sons traditionnels du banjo, WMU ouvre sa palette musicale à d’autres sonorités et ose ainsi surprendre son auditeur.

A la suite de quoi un questionnement commence à faire son bout de chemin :
bien que ce début d’album soit assez intéressant par sa prise de risques et ce jeu constant sur les contrastes musicaux, je ne retrouve pas le WMU que j’ai apprécié sur Aldebaran.
Non pas que ces trois premiers titres ne sont pas intéressants, mais ils s’inscrivent dans une optique sûrement voulue d’efficacité et d’immédiateté, alors que l’on pouvait s’attendre à une exploration plus progressive de leur post rock.
Suite à quoi, décidé à finir cette chronique, je pris mon courage à deux mains, espérant secrètement que j’allais être comblé.

J’ai dû être entendu.

Mu area d renoue concrètement avec ce qui fait de WMU un groupe intéressant, impression qui se confirmera sur la quasi totalité du reste de A Cosmic Chapter With Gaia.

Tout y est, RK, véritable riffeur en puissance, nous tisse un fil conducteur permettant à PeP de placer une véritable “respiration” avec sa partie de batterie, ressemblant étrangement à celui de Beyond the galaxy, jouant entre Metal atmosphérique et post rock.

On peut dire que l’apport musical du batteur PeP assure une plus-value à la musique de WMU par ses interventions efficaces sans être démonstratives, parfaitement à propos.

A Cosmic Chapter joue une fois de plus sur les ambiances et gagne le pari du voyage musical. Quelques notes de claviers et de guitares suffisent à nous immerger dans un monde glacé et beau sur une intro toute en progression éclatée par la suite avec une partie saturée aux relents doom, pour finalement nous envoyer sur un métal atmosphérique dont ils maîtrisent de plus en plus les codes.

Across The Monolith et Autumnal forest on mars, morceaux straight constamment harponnés de riffs saisissants, donnent une impression de vertige, de tournis à leur auditeur,ouvrant le chemin pour l’avant dernier morceau et pas des moindres, Orion.

On tombe dans un maelstrom de contrastes, avec sa partie vocale hurlée, son banjo, son intro reposante, bousculé par une rythmique très lourde, valeur constante de l’album si il en est une.
Puis, paisiblement, on finit cet album comme on l’a commencé, avec To sigma octantis (part.2) et ses bidouillages sonores cosmiques.



 
 
Un album instrumental est toujours un exercice périlleux car il peut rapidement dériver sur une démonstration technique, sans posséder de véritable sens. Au bout de trois essais, WMU, pour sa part, s’en tire plus qu’avec les honneurs, proposant une musique honnête, profonde et minimaliste, offrant à son auditeur un voyage agréable empli de mélancolie, entre métal et post rock.

Toutefois, en explorant un background bien plus métal, WMU étonne, trop peut être, et nous pond un album plus direct, perdant en route une partie du charme prog qui m’avait plu sur son précédent essai Aldebaran.
Mine de rien, il m’a fallu plus d’une dizaine d’écoute avant de me faire une idée de ce cd.
Que l’on aime ou pas, force est de constater que WMU fait réagir et que son potentiel lui permet d’explorer de nouveaux horizons tout en gardant son identité.
A se procurer pour se faire son idée.


David.