Il y a des dates de concerts qui deviennent cultes avant même d’avoir eu lieu.
Le 20 septembre au POPB était une date comme ça. Tout le monde le savait, il s’agissait très certainement du dernier concert parisien de notre père à tous, l’un des piliers de la scène metal mondiale, le mec à l’origine de tout, le "Madman", le seul et unique OZZY OSBOURNE.
Pas facile de convaincre ce bon vieux Ozzy de revenir en France pour une date unique.Considéré comme le prince des ténébres aux US, il n'est pas de même dans notre petit pays anti rock'n'roll. C'est triste à dire mais Mr Osbourne a surtout bénéficié de son show TV "The Osbourne Familly" pour se faire connaitre non pas en tant que musicien mais plutôt en tant que vieux taré.
Bref, c'est peut être à cause de ce manque de popularité que l'on rentre dans un Bercy loin d'afficher "Complet" malgré ses premières parties surprenantes en la personne de
Danko Jones et celle de
Korn.
On peux aussi blamer la date, une rentrée de septembre juste après la saison des festivals et du prix abusé pour assister au graal, pas moins de 80 euros devant être déboursé, ce qui reste vraiment cher pour voir un artiste, ça dépendait des gens.
La nouvelle génération a trouvé ça trop onéreux pour voir 45mn de
Korn et les plus vieux se foutant royalement de nos chouchous de Bakersfield ne voulaient pas non plus payer une somme exorbitante pour voir un papy rock'n'roll mais la curiosité en a convaincu plus d'un.
Quand à
Danko Jones, les français les connaissent peu et beaucoup d'entre nous arriveront trop tard pour juger leur prestation.
Korn rentre donc sur scène et ils dégainent avec
Right now!, rien que ça. Les connaisseurs ont le sourire sur le visage mais les quelques fans debout dans la fosse auront bien du mal à faire bouger la masse pendant le show. On ressent vraiment une frontière entre les jeunes et les plus vieux, venus pour différentes raisons, mais ça n'inquiète guère le leader
Jonathan Davis, qui est en pleine forme vocale et ça fait plaisir à entendre.
Le groupe revisite sa discographie et balance des
Here to stay, Falling away from me,
Freak on the leash en passant par
Oildale, un titre du nouvel album qui passe beaucoup mieux en live que sur un lecteur mp3. Le groupe finira sur
Blind et Good God, un réel plaisir pour les yeux et les oreilles. Thank you guys !
Le petit Bercy accueille ensuite Mr
Ozzy Osbourne, un tout petit Bercy puisqu’à peine 5000 places étaient occupées mais en vrai showman, Ozzy ne s’en est pas formalisé, et nous a offert ce qu’on attendait tous : un concert d’anthologie…
Si à partir de
Ozzmosis, notre Madman a une facheuse tendance à remplir ses albums avec de nombreuses ballades, il n’en est absolument rien sur scène. Seulement 2 "Slow songs" sur la totalité du concert (dont le merveilleux
Mama I’m Coming Home) composé de tous les tubes les plus rock’n'roll du double O :
I don’t know, Suicide Solution, Flying High Again, Crazy Train (juste avant le rappel),
I don’t want to change the world… sont joués à la perfection avec une furie qui a tétanisé toute l’assemblée.
Les nouveaux membres de son groupe n’ont rien à envier aux anciens acolytes de Ozzy, avec une mention spéciale pour le guitariste, 23 ans, rentrant le solo de
Mr Crowley exactement comme le faisait
Randhy Roads, excusez du peu…
Même les nouveaux morceaux s’intègrent parfaitement bien dans une set-list reprenant les moments les plus forts de toute l’histoire du Hard Rock. Son single «
Let me hear you Scream » semble avoir toujours été dans la set list du chanteur et a été repris en chœur par tout le public.
D’ailleurs, jamais le public n’est autant sollicité que dans un concert d’
Ozzy Osbourne.
Les « let’s go fucking crazy » hurlés par
Ozzy s’enchaînent aux « Hey hey hey hey… »
puis au « I can’t hear you… » Le public gueule jusqu’à n’en plus pouvoir pour le plus grand plaisir du Madman qui arrose copieusement la foule (et surtout les mecs de la sécu) avec une lance à incendie avant de balancer des sceaux d’eau à la chaîne aussi bien dans la fosse que sur lui-même.
Cerise sur le gâteau, ce ne seront pas moins de 5 chansons de
Black Sabbath qu’il nous jouera en cadeau dont les fabuleux
War Pigs, Paranoïd et un
Iron Man qui a fait trembler les murs de Bercy lorsque les 5000 personnes ont chanté le riff mythique de
Tony Lommi.
Tout au long du concert Ozzy ne se repose jamais, enchaîne les morceaux comme un possédé pendant presque une heure, où il finit par laisser libre chant à ses musiciens pour des solos de guitare et de batterie, avant de revenir plus enragé que jamais durant quasi une autre heure…
Alors que les échos de la tournée des
Guns’n roses nous parviennent, notamment avec leur show en Belgique où Axl faisait un deal avec le public : « Ok, we’re gonna make a deal, stop throwing bottles at us or we stop the show », Ozzy a fait tout l’inverse : « we’re gonna make a deal, I’m going to play as long you are going fucking crazy ». Deux mentalités diamétralement opposées pour deux monstres sacrés.
Perso, j’ai fait mon choix : OZZY FOR EVER.
Cyco Fred.