10 ans qu’ils n’ont pas sorti d’album et c’est pourtant une salle pleine à craquer qui attend de pied ferme la première date de la tournée d’
Infectious Grooves. L’ambiance est au top, tout le monde est venu s’amuser et danser sur le métal le plus groovant de tous les temps et vous ne serez pas étonné qu’une fois de plus,
Mike Muir et sa bande ont relevé le défi haut, très haut la main…
Tout commence avec les jeunes français de
Loco Muerte et leur Metal Hardcore de chicanos (entendez par là chanté en espagnol). Fort de la sortie de leur premier album,
Machina de guerra, ils ont réussi l’exploit de tout exploser et de rallier à leur cause un public qui n’était pas du tout venu pour eux (à part quelques irréductibles clairement reconnaissables).
Il est amusant de voir comment l’espagnol se prête bien au hardcore. On avait pu en goûter avec
Madball et leur
Nuestra Familia, et 100%, mais ici, c’est tout le set qui est hurlé en espagnol, et même moi qui ne connaissait pas du tout le groupe (à part les flyers distribués religieusement après tous les concerts), je me suis surpris à hurler des « Tiro pa’ Matar » et « Bandolero »… Les refrains se retiennent très bien, les riffs sont ultra-efficaces, et la gueulante d’
El Tigre tire admirablement bien son épingle du jeu en appuyant bien sur l’agressivité de l’espagnol hurlé.
Avec en cerise sur le gâteau une reprise de
War Inside My Head de
Suicidal Tendencies, joué avec l’aval des maestros, il s’agit donc d’une excellente surprise que je me ferais un plaisir de retrouver sur scène.
Lorsqu’Infectious investit la scène, c’est le délire le plus complet dans une fosse déjà survoltée. Et encore, la moitié des personnes présentes ne savaient pas trop à quoi s’attendre (pour beaucoup, le nom d’
Eric Moore ne disait rien, ce qui ne sera plus jamais le cas). Et c’est ainsi que le combo commence son show avec un gigantesque
These Freaks are here To party, histoire de bien préciser que cette soirée est placée sous le signe de la bonne humeur, du funk, du metal, et que quelque soit ta scène ou ton age,
Infectious Grooves ne peut laisser PERSONNE indifférent.
Mike Muir est sans aucun doute le plus grand frontman de tous les temps. Sa capacité à entraîner le public avec lui, à occuper la scène comme s’il était partout à la fois, ses mimiques, ses lignes de chant, tout en lui respire l’honnêteté, la passion pour la musique à la fois violente et funky, et la bonne humeur.
Après avoir balancé un génial «
Rules go out the window », il pointe du doigt le milieu de la fosse en s’exclamant qu’il a reconnu quelqu’un. Il demande au jeune homme de monter sur scène. Je me retourne pour voir de qui il s’agit (et oui j’étais collé aux barrières) et mon regard se porte sur la personne juste derrière moi :
Mike Clark. Ce dernier monte sur scène pendant que Mike Muir lui demande de se présenter. « Bonjour je m’appelle Pierre et je suis un grand fan », la blague reviendra toute la soirée (notamment lorsque le public scandera « Pierre, Pierre, Pierre » pour le faire revenir, ce qu’il fera pour une reprise de
Subliminal lors du rappel, après avoir joué avec Infectious sur la reprise explosive de
Led Zeppelin « Immigrant Song »
Cependant Infectious, ce n’est pas que
Mike Muir, car le bonhomme a eu l’intelligence de s’entourer des meilleurs techniciens que j’ai jamais vu, et à commencer avec
Eric Moore, qui officie aussi en tant que batteur de Suicidal. Ce mec est aussi carré qu’un métronome, aussi balèze qu’une pieuvre qui aurait passe sa vie à jouer de la batterie, tout en pouvant pousser la chansonnette, balancer ses baguettes en plein roulement et tout ça sans jamais faire une erreur. Ce batteur est un monstre et c’est avec un plaisir énorme qu’on le suit des yeux, ne comprenant qu’à moitié ce qu’il arrive à faire, surtout lorsqu’il part en impro avec Steve, le bassiste, qui n’a rien à envier à
Robert Trujillo (il n’y a qu’à écouter
Years of the Cyco pour s’en faire une idée).

Ce dernier nous refait le riff de
Violent and Funky en slap,
Punk it up,
Monster Skank comme si c’était les morceaux les plus faciles du monde. L’unité dont fait preuve le groupe est impressionnante, surtout qu’il ne s’agit que de leur première date de la tournée. Sous la guitare funky de
Dean Pleasants, l’autre membre avec Muir fondateur d’Infectious, la plupart des classiques du groupe s’enchaînent :
Stop Funkin My head où on découvre un Muir souriant jusqu’aux oreilles lorsque toute la salle reprend le refrain,
Turtle Wax, Boom Boom Boom, You Lie and your breath stank qui précède une reprise de l’intro de War Pigs tellement groovante qu’il semblerait faire parti des compo d’Infectious.
Bien sûr il en manque, on aurait aimé que le concert fasse une heure de plus, mais tenir plus d’une heure et demi à ce train en assurant un VRAI SHOW (ce qui se fait de plus en plus rare aujourd’hui) est suffisant pour affirmer que le concert d’
Infectious Grooves de ce soir, sera l’un des plus enthousiasmant de toute cette année 2010.
Cyco Fred.