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KICK ASS - MATTHEW VAUGHAN

Posté le 05/05/2010 par julien

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KICK ASS - MATTHEW VAUGHAN

Sous ses airs de film de super héros avec en vedette Nicolas Cage, il est important de préciser que Kick Ass est absolument tout sauf un film de studio. En effet, les circonstances qui lui ont donné le jour sont tout à fait uniques en leurs genres…

Il était une fois un anglais un peu barjot passionné de cinéma dénommé Matthew Vaughn. Animé par la cool attitude et un flair inné en matière audiovisuelle, le jeune Matthew pari sur un autre allumé appelé Guy Ritchie et décide de produire coup sur coup « Arnaques, Crimes et Botanique » et « Snatch ». Le succès est à la fois immédiat et international.
Guy Ritchie part de son côté épouser Madonna et ne retrouvera plus jamais sa grâce du début, tandis que Matthew décide de rester à Londres et déclare vouloir ses preuves en tant que réalisateur. Il sort alors « Layer Cake », un thriller monstrueusement génial qui permet à Daniel Craig de décrocher le rôle de James Bond.

Après être passé par la case « film de commande » pour un grand studio hollywoodien en réalisant  « Stardust », Matthew pense que ce studio lui permettra de réaliser un film plus personnel tiré d’une BD qu’il adore sur un adolescent qui s’improvise super héros.
Ce genre de procédé est très courant dans le milieu du cinéma. David Fincher a même bâtit sa carrière entièrement sur ce schéma, alternant film de commande et film personnel.

Malheureusement, les choses ne se passeront pas aussi bien pour le jeune anglais, le studio refusant catégoriquement de produire une histoire de super héros sans super pouvoir. Matthew frappe alors à la porte des concurrents, tous la lui claquent au nez, prétextant que personne n’ira voir un film où une gamine de onze ans dégomme les mafieux à la pelle. Cependant, ces refus catégoriques amassés à la chaîne ne découragent pas notre réalisateur qui finit par se rebeller contre le système et décide de mettre sur la table les 39 millions nécessaires pour produire ce qui deviendra Kick Ass.



Coupable de haute trahison contre la machine hollywoodienne (on ne produit JAMAIS un film sans l’aval des gros pontes de LA), la sentence ne tarde pas : le film ne sera en aucun cas distribué en salle. En d’autres termes, il est déjà mort né. Et pourtant… Matthew Vaughn réussit à convaincre Nicolas Cage de porter le costume de Big Daddy et termine tant bien que mal son film. Il parvient ensuite à en projeter cinq minutes au Comic Con’ (Comic’s Convention : une réunion de geek devenu au fil des années THE  place to be pour la faire la promo d’un film aux USA) et là c’est le carton. Une incroyable ovation accueille ses images rapidement relayées sur tout le net : Kick Ass est une tuerie pure et simple. Les studios hollywoodiens, pour qui la rancune a moins de poids que la promesse de gain d’une belle somme d’argent, décident finalement de lever la sentence, et c’est ainsi que le 21 Avril 2010 sort sur nos écrans Kick Ass…

Dave Lizewski est un ado dont la seule particularité est d’être totalement invisible pour le sexe opposé. Dingue de super héros dont il lit les BD en boucle et regarde les films à la chaîne, il décide de vivre lui aussi des aventures aussi exaltantes que celles de ces héros masqués. Affublé d’un costume ridicule et de deux matraques en guise de super pouvoir, il part dérouiller seul les racailles traînant dans les rues en se faisant appeler Kick Ass!


 

La première chose qui frappe en regardant ce Kick Ass déjanté, c’est qu’il n’a rien à voir avec tous les films de super héros habituel. Cela ne vient pas seulement du fait que Dave ne possède aucun super pouvoir ni aucun gadget, c’est que pour une fois, un super héros s’inscrit totalement dans notre époque. S’il cite beaucoup ses références en début de film, Matthew Vaughn a eu l’intelligence de s’écarter de cette notion basique du bien contre le mal. Certes, Kick Ass poursuit un objectif des plus honorables comme Spiderman et consort, dont il emprunte le schéma scénaristique, mais il pointe avant tout les dérives de notre société en déclarant haut et fort qu’on est tous devenu des sauvages, des barbares et des monstres d’égoismes et que par là nous sommes tous les méchants du film, comme lorsqu’il décide d’aider un jeune homme qui était en train de se faire passer à tabac et réussit à faire fuir ses trois assaillants (après s’être pris une grosse raclée).

Avant de s’enfuir l’agresseur le traite de fou pour avoir aidé quelqu’un sans le connaître, sur ce Kick Ass lui répond simplement : « Ah oui, tu penses vraiment que c’est moi le fou » en montrant la quinzaine de témoins de la scène qui étaient trop occupés à filmer les événements avec leur téléphone portable plutôt que d’aider la victime. C’est comme un uppercut que le monde entier se prend en plein estomac.



Kick Ass est ici utilisé comme le moyen de nous renvoyer à notre propre mocheté. Toutefois le film n’est pas non plus là uniquement pour nous faire la morale. Et c’est ainsi qu’entrent en scène Hit Girl et Big Daddy.

Forcément, qui dit super héros dit couverture médiatique et Kick Ass va donner lieu à une très étrange descendance, et les meilleurs seconds rôles qu’on ait vu depuis le Han Solo de la guerre des étoiles. Nicolas Cage, dans son rôle le plus marquant depuis Lord Of War, est un père célibataire qui a quelques sérieux problèmes comportementaux, et qui est absolument dingue des armes à feu, passion partagée avec sa jeune fille de onze ans.


 

Ensemble ils décident de nettoyer les rues à côté de Kick Ass. Autre bon point qui ne manquera pas de faire sauter en l’air les défenseurs du politiquement correct, Hit Girl et Big Daddy ne suivent aucun noble idéal à l’inverse de Kick Ass, ne poursuivant leur lutte contre le crime que parce qu’ils sont animés par cette bonne vieille vengeance.

Rajoutez à ce trio d’allumés un mystérieux Red Mist qui joue le rôle du fils à papa bourré d’argent s’amusant au super héros, et vous obtenez cette bande hétéroclite avec laquelle vous allez passer un moment de folie, ou le sanguinaire (Hit Girl se pose ici en parfaite héritière de la Marié de Tarantino) côtoie le politiquement incorrect (Big Daddy qui offre à sa fille pour son anniversaire un arsenal des plus destructeurs), dans une histoire qui tient largement la route, extrêmement bien filmé, monté, éclairé, interprété…et depuis quand on avait pas vu ça, hein!?

  Fred.

KICK ASS: official